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Comment se déroule une séance de Technique Alexander ?

Je me souviendrai toujours de ma toute première leçon de Technique Alexander avec Martine Cardinal. J’y suis arrivé en n’ayant aucune idée de ce qu’était la Technique Alexander.

Je ne savais pas ce qu’on allait faire, ni si je me retrouverais en caleçon ou tout nu… 😉

À mon grand soulagement, la Technique Alexander se pratique habillé. Et j’ai vite compris qu’il s’agissait d’apprendre à en faire moins. 😉

Martine m’a directement montré la procédure allongée du repos constructif. Elle m’a demandé de l’imiter : j’ai pris sa petite pile de livres et je me suis allongé, les genoux pointant vers le plafond, ma tête posée sur les livres.

Dès les premiers instants, j’ai su que cette Technique était bénéfique pour moi. J’ai directement senti un relâchement dans mon corps malgré le fait que Martine ne travaillait pas encore sur moi avec ses mains.

Elle m’a alors proposé de pratiquer cet exercice tout simple 15 minutes par jour en prenant bien soin de me laisser tranquille.

Puis je suis allé sur la table et c’est là que le vrai travail a commencé. Je dois avouer que j’étais super tendu… j’avais tellement besoin de me poser et d’apprendre à rester tranquille ! Ne fût-ce que 5 minutes par jour !

Votre corps comme instrument principal

La Technique Alexander se transmet la plupart du temps lors de séances individuelles. Chacun a des schémas d’habitude différents. Le professeur va donc s’adapter à la situation de son élève.

On peut comparer l’apprentissage de la Technique Alexander à l’apprentissage d’un instrument de musique.

Au début, on va plus régulièrement voir son professeur car il faut acquérir les bases techniques nécessaires. Puis, quand un certain niveau d’autonomie est atteint, on peut plus facilement espacer les leçons.

La régularité des leçons dépendra aussi du niveau que vous voulez atteindre et de votre implication pour appliquer la technique au quotidien. 😉

Lors d’une leçon particulière de Technique Alexander, votre professeur vous guidera vers de nouvelles expériences sensorielles. Grâce à ses mains et à son sens aigu de l’observation, il peut sentir vos blocages et vous rediriger vers une expérience kinesthésique plus libre et efficiente.

Avec l’aide de son toucher léger et subtil, vous explorerez différentes actions du quotidien comme :

  • être debout
  • vous lever et vous asseoir d’une chaise
  • marcher
  • porter des objets
  • Faire des « singes » ou « monkey » (F.M. Alexander les appelait d’ailleurs positions d’avantage mécanique)
  • Faire la procédure du « hands on the back of a chair » ou des « mains sur le dos d’une chaise »
  • toute autre action quotidienne que vous souhaiteriez améliorer comme :
    • jouer d’un instrument de musique
    • pratiquer une technique sportive bien particulière
    • un mouvement de danse ou de tai-chi de de chi-kong

Une séance de Technique Alexander vous invite à penser votre corps consciemment

En plus d’utiliser son toucher subtil, votre professeur vous demandera, tout au long de la séance, de penser consciemment :

En effet, si vous essayez directement de corriger votre ancienne habitude sans arrêter totalement la première, vous ajouterez de la tension sur une habitude déjà néfaste.

Bien entendu, ce type de « correction » n’est absolument pas le but de la Technique Alexander.

  1. Dans un premier temps, votre professeur vous demandera de vous laisser tranquille afin d’apprendre à être à même d’identifier puis d’arrêter (d’inhiber) votre ancienne habitude.
    Le but : apprendre à arrêter complètement votre mauvaise habitude avant vous rediriger vers un autre chemin plus conscient et bénéfique pour vous.
  2. Dans un deuxième temps, votre professeur vous demandera de rediriger votre conscience et votre énergie vers la nouvelle action à réaliser.
    Votre défi : « Entretenir la flamme » de votre nouvelle direction consciente avant, pendant et après l’action à réaliser pour ne pas retomber dans votre ancien automatisme.

Le travail sur Table en Technique Alexander

À côté de ce travail de mouvement conscient, il se peut que votre professeur vous allonge sur une table avec des livres sous la tête pour faciliter votre accès au calme et à votre lâcher-prise.

La position allongée permet aussi de vous affranchir, pour un certain temps, de la verticalité que la gravité impose sur votre colonne vertébrale.

Vous retrouverez ainsi un peu plus d’espace entre vos disques intervertébraux.

Vous vous lèverez sans doute de la table avec la sensation d’être « un peu plus grand » et que votre posture s’est « améliorée ».

Vous pourrez d’ailleurs facilement « prolonger » ce travail allongé chez vous en le pratiquant chez vous. C’est un excellent entraînement pour apprendre à vous laisser tranquille et à lâcher les tensions inutiles accumulées au cours de votre journée.

Le toucher du professeur

Pendant les leçons le professeur va vous toucher.

Il vous touche avec l’intention très claire de prendre soin de son équilibre et de sa coordination. Du bout de ses orteils au bout de ses doigts, jusqu’au sommet de son crâne. 😉

En quelques sortes, son premier « job » est de penser à « faire taire » un maximum de tensions inutiles et de pensées qui interfèrent avec son usage.

C’est ce qui le rendra capable « d’écouter » et de ressentir ce qui se passe en vous.

En effet, comment écouter et ressentir quelque chose de juste si le bruit de fond du professeur est déjà tel qu’il n’entend plus rien.

S’il n’applique pas lui même la Technique Alexander, ça ne fonctionnera pas.

Quand on y pense, c’est assez logique :

Vous avez sans doute déjà fait l’expérience d’être dans une pièce calme lorsque, tout à coup, quelqu’un de très stressé entre à son tour ?

Directement, le stress se communique. Et si cette personne vous touche, vous serez sans doute encore plus stressé.

Heureusement, l’inverse est aussi vrai !

Le calme et la liberté que le professeur se donne amène se transmet de la même manière à l’élève.

C’est l’analogie la plus simple que je puisse trouver pour expliquer comment la Technique Alexander se transmet « à travers » les mains du professeur.

Le professeur vous touche et il écoute ce qui se passe en vous.

C’est alors qu’il est aussi « touché ». Il peut « entendre » ce qui peut parfois être un chaos généralisé.

À ce stade, le professeur pourrait être tenté de résoudre directement certains problèmes : s’il sent que votre bras est trop tendu ou que votre pied n’est pas assez en contact avec le sol. Il pourrait « foncer » vers le problème, oublier son propre usage et vous manipuler « comme un pantin ».

Oublier la globalité.

Le défi pour le professeur sera alors de garder son intention de base tout en vous invitant à continuer de penser consciemment certaines directives. C’est de cette collaboration que naîtra une plus grande liberté et un mouvement plus fluide.

Quelque part, pour l’élève, c’est à prendre ou à laisser. Il a toujours le choix d’abandonner ses schémas de tension ou non. Il peut décider de se fermer.

Le professeur n’est là que pour l’inviter à lui donner, par le toucher, une expérience, la sensation d’un mouvement intérieur plus libre et efficient. À force de répétition des meilleures expériences, l’élève pourra prendre confiance dans sa capacité à appliquer lui même les décisions nécessaires pour abandonner le vieux chemin. Et aller vers le nouveau.

Le but de vos séances de Technique Alexander est donc de vous apprendre à appliquer la Technique par vous-même dans votre vie quotidienne.

Si vous avez encore des questions au sujet du déroulement d’une séance, n’hésitez pas à me contacter.

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