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Et si la science validait enfin l'inhibition de la Technique Alexander ?

12 januari 2026 in
Et si la science validait enfin l'inhibition de la Technique Alexander ?
Sounds of Kleio asbl, Martin Michiels
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Habitudes, cerveau et changement : ce que nous apprend une étude de la NCBI.

Saviez-vous que la majorité de nos gestes quotidiens — s’asseoir, marcher, tenir son téléphone — ne sont pas des choix conscients, mais des automatismes logés dans notre cerveau ?

Récemment, je suis tombé sur un article scientifique passionnant publié par la NCBI qui traite de la psychologie de la formation des habitudes. En le lisant, j'ai été frappé par les similitudes incroyables avec la Technique Alexander. Plus qu'une méthode de posture, cette technique est une véritable science du changement de comportement.

Voici un résumé de l'article "Making health habitual: the psychology of 'habit-formation' and general practice" (Benjamin Gardner et al., 2012) :

L'Objectif de l'article

L'article s'adresse principalement aux professionnels de santé pour leur expliquer comment aider les patients à maintenir des changements de style de vie (sport, alimentation) sur le long terme. Le constat est simple : la volonté et la motivation s'épuisent, alors que les habitudes sont durables.

1. Définition de l'Habitude

Les auteurs définissent l'habitude comme une action qui est générée par un processus mental automatique, suite à une répétition régulière dans un contexte stable.

  • L'automatisme : Contrairement à une action décidée consciemment, l'habitude se déclenche sans effort, sans intention précise et souvent sans que l'on s'en rende compte.

  • Le stimulus déclencheur : C'est un élément de l'environnement (ex: entrer dans sa cuisine, s'asseoir à son bureau, après le petit déjeuner...) qui lance l'action automatiquement.

Le cerveau en "mode économie d'énergie"

Vos habitudes sont donc des "réponses automatiques déclenchées par des déclencheurs environnementaux". En clair : votre cerveau cherche à économiser de l'énergie en automatisant tout ce qu'il peut.

Frederick Matthias Alexander appelait cela faire une action à partir de nos idées préconçues sans se soucier des meilleurs moyens par lesquels y arriver.

Nous pensons "je vais m'asseoir" et le corps exécute un programme pré-enregistré, souvent avec des tensions inutiles (épaules qui montent, cou qui se contracte, tout notre dos et tronc qui se tasse).

Nous ne décidons pas de ces tensions ; elles sont déclenchées par l'action elle-même.

2. Pourquoi la volonté ne suffit pas

L'étude souligne une limite majeure : la motivation et la volonté s'épuisent vite. Pour changer durablement, il faut agir sur le processus de répétition et sur les stimuli qui déclenchent l'habitude.

C’est ici que réside le génie de la Technique Alexander avec le concept d’Inhibition. Avant de réagir à au stimulus (par exemple, le téléphone qui sonne), on apprend à faire une pause. Cette pause "stoppe" la réponse automatique. On ne lutte pas contre l'habitude par la force, on lui retire son carburant en refusant de la déclencher.

3. Le mécanisme de formation (La boucle de l'habitude)

Le processus se déroule en trois étapes :

  1. L'initiation : On décide consciemment de faire une action (ex: boire de l'eau au réveil).

  2. L'apprentissage : On répète l'action de manière consistante face au même stimulus déclencheur. C'est la phase la plus difficile qui demande de l'effort.

  3. La stabilité : L'action devient automatique. Le lien entre le stimulus déclencheur et l'action est si fort que la réflexion n'est plus nécessaire.

4. Les points clés de l'étude

  • La durée : L'article mentionne l'étude de Lally (2010) montrant que l'automaticité prend en moyenne 66 jours pour se former (et non 21 jours comme le veut la croyance populaire). Notez que cela varie de 18 à 254 jours selon la complexité de l'action.

  • L'importance de la régularité : Sauter une seule répétition n'altère pas gravement la formation de l'habitude, mais la répétition initiale est cruciale.

  • La "Loi du moindre effort" : Une fois l'habitude ancrée, la motivation n'est plus nécessaire. C'est ce qui permet de maintenir des comportements sains même quand on est fatigué ou stressé.

5. Recommandations pour le changement

Pour créer une nouvelle habitude, l'article suggère :

  • De choisir une action très simple.

  • De l'associer à un déclencheur déjà existant

    • Exemples :

      • "Après avoir fait X, je ferai Y".

      • Quand je rentre du travail, je mange une pomme.

  • De se concentrer sur la répétition plutôt que sur l'intensité.

Pourquoi ce résumé résonne avec la Technique Alexander ?

L'article confirme scientifiquement ce que vous pratiquez en Technique Alexander :

  • L'automatisme inconscient : L'article valide que nos mauvaises postures et habitudes de mouvement (alterner entre nous tenir trop et laisser notre corps se tasser sans direction et sans tonus) sont des réponses neurologiques automatiques à des stimuli (s'asseoir, écrire, marcher...).

  • La nécessité de la conscience : Pour briser cette boucle, il faut une intervention consciente (l'Inhibition) pour empêcher l'automatisme de se déclencher.

  • Le temps : Il souligne que rééduquer son "usage de soi" demande une pratique régulière pour que le "nouveau" mode de fonctionnement devienne, à son tour, une habitude automatique et sans effort.

  • Le passage de l'effort à l'aisance

  • Plus une action devient habituelle, moins elle demande d'effort mental.

    C'est exactement l'objectif ! Au début, ne pas s'affaisser devant son ordinateur demande une attention constante. Mais avec la pratique, cette nouvelle organisation du "Soi" devient notre nouvelle norme. On retrouve ce que les chercheurs appellent "l'automaticité saine".

Conclusion : Reprendre les rênes de votre futur

Si la science nous explique pourquoi nous fonctionnons par automatisme, la Technique Alexander nous montre comment reprendre les commandes de notre propre corps.

L'article nous rappelle que notre cerveau est une machine à automatiser. Nous ne sommes pas "fainéants" ou "mal bâtis" : nous sommes simplement programmés pour l'efficacité. Si nous n'y prenons pas garde, nos habitudes de tension, de stress et de posture finissent par définir notre état de santé physique et mental à long terme.

C'est là que la vision de F.M. Alexander prend tout son sens :

"Les gens ne décident pas de leur avenir, ils décident de leurs habitudes et leurs habitudes décident de leur avenir." — F.M. Alexander

Ce qu'il faut retenir :

L'avenir de votre bien-être ne dépend pas d'un changement radical et soudain, mais de votre capacité à :

  1. Identifier vos automatismes (reconnaître l'habitude).

  2. Utiliser l'inhibition (le "stop" conscient validé par la science).

  3. Rediriger votre système (choisir une nouvelle habitude de liberté).

En comprenant la psychologie de la formation des habitudes, nous cessons de lutter contre nous-mêmes. Nous apprenons à collaborer avec notre système nerveux pour construire, un geste après l'autre, un avenir plus léger et plus conscient.

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